Tu invites un collègue au resto casher. Il te demande, très poliment, pourquoi il n’y a pas de parmesan sur ses pâtes. Tu réponds « c’est bassari ». Il hoche la tête. Il n’a rien compris. Normal.
Trois mots suffisent pour lire presque n’importe quel restaurant casher : bassari, halavi, parvé. Les voici, expliqués comme à quelqu’un qui découvre, sans cours magistral. Et à la fin, comment Keila s’en sert pour trier les adresses.
Bassari, halavi, parvé : la version courte
La cacherout sépare la viande et le lait. On ne les cuisine pas ensemble, on ne les mange pas dans le même repas, et la vaisselle comme les ustensiles sont distincts. D’où trois familles :
| Mot | Ce que ça veut dire | Ce que tu trouves à la carte |
|---|---|---|
| Bassari | Viande | Grillades, burgers, chawarma, couscous à la viande. Pas de fromage, pas de crème. |
| Halavi | Lait | Pizzas, pâtes au fromage, lasagnes, desserts à la crème. Pas de viande. |
| Parvé | Ni viande ni lait | Légumes, céréales, œufs, poisson selon les usages. Compatible avec les deux. |
En pratique, un restaurant casher choisit son camp. Il est bassari ou halavi. Le parvé, lui, se glisse partout : c’est la salade, les frites, le sorbet, le café avec un lait végétal.
Pourquoi choisir ? Parce que séparer viande et lait, ça veut dire deux jeux de casseroles, deux plans de travail, parfois deux cuisines. Pour un restaurant, c’est beaucoup plus simple de faire un seul des deux, et de le faire bien. Le jour où tu vois un lieu qui affiche les deux, c’est en général deux espaces séparés, et il vaut mieux demander comment c’est organisé.
Ce que ça change pour ton invité
Si tu emmènes quelqu’un qui ne mange pas casher, le seul vrai réglage est d’éviter la mauvaise surprise. Dis-lui avant :
- Resto bassari : pas de fromage sur le burger, pas de beurre sur le pain, pas de cappuccino au lait de vache. Les desserts sont parvé, donc souvent sans produit laitier.
- Resto halavi : pas de viande du tout. Par contre poisson, pizzas, pâtes, gratins, et là le fromage revient. Les lasagnes ont enfin le droit d’être des lasagnes.
- Envie des deux ? Ce sera deux repas, pas un. On n’enchaîne pas une entrecôte et un tiramisu dans le même dîner casher.
Petite astuce de survie : si ton invité tient absolument à son café crème, vise un halavi. S’il rêve d’une côte de bœuf, vise un bassari et préviens-le pour le dessert. Personne n’a jamais été déçu par un sorbet, en vrai.
Et si ton collègue est végétarien ? Un halavi lui laissera beaucoup plus de choix. S’il est vegan, regarde plutôt du côté des adresses qui le déclarent, on en parle dans notre sélection vegan et végétarienne à Paris.
Le parvé, cet ami qui va avec tout
Parvé veut dire neutre. Ni viande, ni lait, ni rien qui en contienne. C’est la catégorie qui rend la vie possible : le gâteau parvé peut finir un repas bassari, la margarine remplace le beurre, la crème végétale remplace la crème.
Deux nuances quand même. Le poisson est parvé, mais certaines traditions évitent de le servir dans la même assiette que la viande. Et un plat parvé cuit dans une cuisine bassari peut être traité comme bassari selon les usages. Si ça compte pour toi, la bonne réponse vient du restaurant ou de l’organisme qui le surveille, pas d’un blog. Y compris celui-ci.
Et le délai entre viande et lait ?
C’est la question qui lance les débats de fin de repas. Après de la viande, on attend avant de manger du lait. Combien de temps ? Ça dépend des traditions familiales et communautaires, et on ne va pas trancher à ta place. Retiens surtout que ton cousin qui refuse la glace après le chawarma n’est pas compliqué. Il est cohérent. Et toi aussi, quand tu dis non au cheesecake en fin de dîner.
Dans l’autre sens, du lait vers la viande, les règles sont en général plus souples. Là encore, chacun suit son rav et ses habitudes.
Pour un restaurant, ça a une conséquence très concrète. Un resto bassari sait que ses clients ne prendront pas de dessert lacté, alors il soigne ses desserts parvé. Un halavi sait qu’on vient souvent chez lui pour un déjeuner léger ou un dîner poisson. Le type casher raconte aussi le moment de la journée où tu vas y aller.
Comment Keila filtre bassari, halavi et parvé
Dans l’onglet Explorer, les filtres ont une rubrique type casher avec quatre choix : Bassari · viande, Halavi · lait, Parvé et Type non renseigné. Tu coches, la liste et la carte se mettent à jour ensemble.
D’où vient l’info ? Pour les 106 adresses qui ont une certification documentée, de l’annuaire officiel du Beth Din de Paris, qui classe chaque restaurant bassari ou halavi. Pour les autres, des annuaires casher où l’adresse est référencée, recoupés quand c’est possible. Au 5 octobre 2026, sur les 227 adresses casher du catalogue, 137 sont indiquées viande et 65 lait. Le parvé, comme type de restaurant, est quasi absent : c’est logique, peu de lieux se définissent comme tels.
Et quand on ne sait pas ? On le dit. Type non renseigné est un choix à part entière, pas un trou caché dans la liste. Une adresse sans type n’apparaît jamais par magie quand tu filtres sur bassari. Tu préfères voir moins de résultats que des résultats faux, et nous aussi.
Le type casher n’est pas une certification
Point important, et c’est là que Keila est un peu maniaque : savoir qu’un resto est bassari ne dit rien de qui le surveille. Le type de cuisine décrit la carte. La certification, elle, vient d’un organisme, avec une date et une portée. Un resto peut être bassari sans aucune surveillance connue, et un autre halavi sous le contrôle d’un organisme reconnu. Le mot sur la carte ne te dit pas lequel des deux tu as en face de toi.
Sur une fiche, les deux sont affichés séparément, avec leur source. On explique comment lire un certificat dans Beth Din, Loubavitch : comment lire un certificat casher, et toute notre logique est sur la page méthode.
Pour passer à la pratique, où manger casher à Paris, arrondissement par arrondissement, ou directement sur keila.app, l’app arrive bientôt sur l’App Store.